Le magazine de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment

Arras, le chantier étude du « Poids Public »

Le Poids Public après les travaux

Quelques précisions pour les plus jeunes sur ce terme de « poids public » : il s’agit d’une bascule… publique, accompagnée d’une construction qui abrite le système de lecture des pesées, ces ouvrages architecturaux étant plus ou moins élaborés. Ce poids public est généralement situé à proximité d’une gare ou d’un foirail, car l’une de ses fonctions était la pesée des bestiaux ; il permettait aussi de déterminer le poids de tout véhicule routier.

Celui-ci de 1882, se trouve à l’entrée de la Grand’Place d’Arras (place reconnue par l’UNESCO) et permettait à l’ensemble des commerçants du marché, le paiement de leurs taxes.

En France, la plupart des poids publics ont été installés au début du XXe siècle. Leur utilisation est devenue désuète au cours de ce même siècle, ils ont été remplacés par des moyens de pesage mobiles de plus en plus sophistiqués et faciles à déplacer.

Ce poids public d’Arras est un bel exemple de l’architecture régionale qui marie avec bonheur la brique et la pierre calcaire ; la valeur du lieu n’a pas échappé aux élus de la ville qui, souhaitant conserver à cet édifice son caractère, ont confié les travaux à nôtre FCMB Arras Nord-Pas-de-Calais, où Bruno Daniel assume avec talent et ce, depuis la première heure de sa création, la marche de cet établissement phare en matière de formation, avec Notre Mère.

Détail du bâtiment très dégradé avant les travaux

Détail du bâtiment très dégradé avant les travaux

Une des fresques rénovées

Une des fresques rénovées

Ce chantier étude s’inscrit dans le cadre du « Parcours Étudiant des Compagnons » présenté lors de la réunion de Limoges en Avril 2006, dans les optiques suivantes :

–          La valorisation de nos métiers du bâtiment par le Beau et le Savoir, pas toujours perçu par nos jeunes générations.

–          La volonté d’inscrire chaque jeune et itinérant à une dynamique des Maîtrises Techniques et Théoriques de nos métiers, afin de former des Œuvriers (compagnons et maître d’œuvre) pouvant prétendre, à terme, au poste d’encadrement, souvent occupé par des généralistes.

–          De réaliser des échanges avec les entreprises, pouvant mettre à disposition du personnel hautement qualifié dans le cadre de l’encadrement pédagogique de nos jeunes apprentis.

–          De mettre au cœur de la Cité, l’ensemble des Sociétés compagnonniques du Tour de France de notre Fédération, qui trop souvent restent dans l’ombre par trop de modestie.

En effet, ici, c’est dans des conditions de travail réelles que sont intervenus garçons et filles : des « tous jeunes », présents là pour découvrir les métiers, des personnes déjà en apprentissage, des ouvriers certifiés désirant se perfectionner mais aussi ces hommes et femmes qui préparent le DEUST ou la Licence professionnelle en Charpente, Couverture, Maçonnerie et Peinture… qui, rappelons-le, a été initiée par la FNCMB en partenariat avec le CNAM et les deux autres compagnonnages.

Un véritable laboratoire social, un développement de plan de carrière en « 3D »!

Du travail pour les charpentiers...

Du travail pour les charpentiers…

Il y a du travail pour tous les corps de métier : les maçons, par exemple, auront le bonheur de poser 27 Médaillons et 3 fresques, ce qui n’est pas si courant ; les spécialistes de la pierre, de la brique, du bois, de la couverture ou de la peinture trouveront aussi matière à s’exprimer.

Pour les tailleurs de pierre...

Pour les tailleurs de pierre…

Apprendre un métier est pour la jeunesse une forme de socialisation car il y a des règles à suivre, mais, quand ces apprentissages se déroulent sur un bâtiment public, l’impact social s’en trouve décuplé : les adolescents, les femmes et les hommes engagés dans cette phase de développement personnel vont laisser dans la cité une trace qu’au fil des générations ils seront fiers de montrer à leur famille, à leurs descendants… « Ah! Regardez, j’ai travaillé sur ce beau bâtiment… »

Pour les carreleurs...

Pour les carreleurs…

La ville et le compagnonnage se sont unis pour favoriser la quête d’avenir de femmes et d’hommes, développant là une façon tangible de les faire émerger du doute. Pour Mylène Réveille, du quotidien « Le Journal de l’Artois », Bruno Daniel a synthétisé en ces termes l’esprit de cette opération : « Donner une harmonie au chantier et créer des talents, des envies…  »

Ou encore pour les peintres...

Ou encore pour les peintres…

Si Bruno est « le maître de cérémonie », il n’est pas seul dans cette mission ; saluons l’entreprise Coche et Arras Carrelage, saluons aussi l’équipe encadrante, elle a bien du mérite de réaliser de tels travaux avec des jeunes en phase d’apprentissage et puis, bravo à tous ces hommes et femmes qui ont redonné son éclat à ce bâtiment, qu’ils savourent cette confiance que les élus et les compagnons du tour de France ont placée en eux !

JPC

Le site de l’Université des compagnons d’Arras

Cliquez sur l’image pour feuilleter un extrait de la revue:Couverture CMO 331

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