Le magazine de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment

Maçon, noble métier

Austerlitz : armature de chapiteau en béton armé

Dans l’esprit populaire, la pierre reste certainement le matériau noble par excellence du métier de maçon ; elle se décline en des tons qui vont du pratiquement blanc pour certains calcaires au gris anthracite pour la pierre volcanique de Volvic. Entre ces deux extrêmes, la palette a de quoi faire rêver un peintre ; ainsi sont façonnées nos régions où parfois la pierre donne tout ou partie du nom du lieu, comme par exemple Collonges-la-Rouge en Limousin, ainsi dénommée en raison de ce grès rouge dont sont bâties les maisons.

Chapiteau en pierre de Volvic
Collonges-la-Rouge

Les pierres jaunes du Beaujolais sont également renommées, tout comme le granit du Compeix que l’on retrouve dans la cathédrale de Limoges. Comment, à propos de pierres, oublier les schistes qui recouvrent les toits de nombreuses régions, fines ardoises aux teintes sombres ou lauzes plus grossières…

Cathédrale de Limoges : le portail St Jean restauré en 2010

La brique vient ensuite ; là, pour l’effet, on joue sur deux gammes : premièrement, la couleur de la brique influencée par celle de la terre qui sert à sa fabrication (et parfois l’homme s’enhardit à lui donner des teintes en l’émaillant, comme une poterie). Deuxièmement, l’appareillage du matériau qui va donner un effet qui accrochera l’œil, et quand l’œil est content… Très souvent dans ces appareillages on retrouve la pierre, souvent des calcaires dont le blanc rehausse le rouge de la brique. Deux de nos villes du Tour de France sont connues pour cela, « la ville rose », Toulouse, où paraît-il (en saison) les violettes poussent entre les pavés, et Arras, où briques et calcaire habillent avec élégance les façades d’inspiration flamande des deux grandes places de la ville.

Chevet de la basilique St Sernin de Toulouse

Autant de facettes de ce métier que les itinérants savent mettre en valeur lors de la réalisation de leurs chefs-d’œuvre.

Si tous les appareillages de ces matériaux, dits nobles, font la richesse de notre patrimoine, que dire du béton ? C’est un produit relativement récent ; c’est dans le fief de la brique que son béton va, si j’ose dire, se sceller. En effet, le premier immeuble parisien utilisant la technique du béton armé fut construit en 1898 par François Hennebique, né à Neuville-Saint-Vaast, entre Lens et Arras. Depuis, il y a eu bien des progrès et le béton est un produit incontournable dans l’activité du BTP. Une évolution des ciments, armatures, granulats, etc. mais aussi des techniques de coffrage et des produits de démoulage ; un monde de la construction où l’on évolue désormais entre technique et chimie !

Gare d’Austerlitz, vue d’ensemble des nouveaux quais

Grâce à ces avancées, le béton entre dans la « construction d’art », c’est du moins ce que je pense en voyant le chantier en cours à Paris, dans la gare d’Austerlitz, où mes voyages fréquents, conjugués à des départs de trains aux horaires aléatoires, me permettent de suivre le chantier. Des constructions ayant le double objectif de recouvrir les quais de voies de chemin de fer d’une part et de ménager du « foncier » en surface d’autre part.

Gare d’Austerlitz, le chantier
Coffrage en cours

Le charpentier que je suis laisse les spécialistes juges, mais je trouve à cet ensemble un heureux effet qui sera bien utile dans cette vie sous terre du Parisien. Ces chapiteaux à rainures et les voiles béton,  légers et tout en courbes, donnent une légèreté à ces masses. Les clichés pris récemment vous permettent de visualiser la qualité des réalisations, mais aussi la technique de ferraillage et de  coffrage et enfin le volume du chantier. Vous pourrez noter que comparées aux anciennes, les nouvelles têtes de poteaux sont légèrement incurvées…

Un ancien poteau et un nouveau, au sommet incurvé

Personnellement, j’avais découvert ces structures dans une présentation de film où le cinéaste avait choisi cet espace en chantier pour réaliser une course poursuite entre voitures. Je ne connais pas le titre du film, ni le réalisateur, seul Depardieu s’est superposé un bref instant au béton !

Quoi qu’il en soit, je peux conclure en confirmant le titre de cet article, oui, le métier de maçon est noble car, quel que soit le matériau utilisé, construire génère de l’espoir, celui de fournir du travail pour les bâtiments industriels, celui du bonheur familial pour l’habitation.

JPC

Couverture du CMO n° 316

Pour en apprendre plus sur François Hennebique:

lartnouveau.com

Fonds Hennebique à la cité de l’architecture

Pour découvrir les futurs aménagements de la Gare d’Austerlitz et de son quartier:

parisrivegauche.com

Projet d’urbanisme du cabinet AREP

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